Burn out : Revenir à l’emploi ?

Résumé synthétique :

Cet article s’adresse bien sûr, aux personnes ayant été diagnostiquées en burn out et arrivées au stade du projet de reprise du travail mais pas seulement, car les professionnels des ressources humaines trouveront ici de précieuses informations afin d’aider et d’orienter au mieux leurs collaborateurs. Il en est de même pour les proches de ces personnes qui peuvent aussi apprécier l’état (de santé) dans lequel se trouve le « sortant » de burn out et l’aider à « se relever. »

Préambule :

Cet article, destiné au grand public et rédigé par l’équipe de CAPTURE COMPETENCE, il reflète l’état de nos connaissances sur le sujet traité – Le burn out à sa date de rédaction. L’évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout, ou partie, caduc. Il n’a pas vocation à se substituer aux recommandations et préconisations de votre médecin relatif à votre santé au travail.

Suis-je apte à retourner au travail ? Que dois-je avoir acquis au cours de l’incapacité de travail comme compétences pour me maintenir dans la durée et éviter la rechute, la dépression, les difficultés de santé ?

Il arrive fréquemment que les bénéficiaires d’accompagnement (salariés, agents) en bilan de compétences ou de consultations psychologiques s’interrogent sur le moment de reprendre leur activité professionnelle ou de changer d’orientation professionnelle suite à un Burn out. Cela nous a donné l’idée de traiter de la question suivante : Comment savoir si c’est le bon moment pour reprendre le travail ou se diriger vers une reconversion ? Nous traiterons les 2 questions essentielles à se poser. Lorsque l’on ressort d’un Burn out, on reste vulnérable à vie, il convient donc de se poser les bonnes questions afin de durer dans le temps et de partir sur de nouvelles bases.

Cet article s’adresse bien sûr, aux personnes ayant été diagnostiquées en Burn out et arrivées au stade du projet de reprise du travail mais pas seulement, car les professionnels des ressources humaines trouveront ici de précieuses informations afin d’aider et d’orienter au mieux leurs collaborateurs. Il en est de même pour les proches de ces personnes qui peuvent aussi apprécier l’état (de santé) dans lequel se trouve le « sortant » de Burn out et l’aider à « se relever. »

Pour écrire cet article, nous avons privilégié 2 sources : Les remarques du Psychiatre et professeur Philippe Corten, Fondateur de la clinique du stress du CHU de Brugmann en Belgique et le vidal qui se base lui-même des données de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Bref rappel de ce qu’est le Burn out ?

Selon le Vidal, l’épuisement professionnel, également appelé Burn out, est un trouble psychique résultant d’un stress chronique dans le cadre du travail. Il se développe progressivement chez certaines personnes exposées à des conditions de travail frustrantes et démotivantes. Face à la fatigue, au sentiment d’échec et aux difficultés de concentration, celles-ci tendent à travailler toujours davantage pour essayer de retrouver satisfaction et confiance en elles. Si les conditions de travail restent difficiles, un cercle vicieux s’installe jusqu’à l’épuisement.

Les grands signes cliniques qui accompagnent le Burn out :

Le Burn out se traduit d’abord par des signes physiquesfatigue permanentemal de dosinsomniesmigrainemaux de ventre, infections fréquentes, etc.

Une souffrance psychique peut également se manifester : Un vide émotionnel, de l’anxiété sous toutes ses formes, de l’irritabilité (au travail mais aussi dans la sphère privée, les enfants et conjoints sont en général les premiers paratonnerres), des troubles de la concentration, de la mémoire immédiate, un sentiment d’être dépassé par les évènements ou de la démotivation.

Une tendance à s’isoler et se retirer des activités sociales, des troubles du sommeil (on s’endort bien mais le réveil à 4 heures du matin est fréquent) et enfin, une phobie des foules peut apparaître avec une perturbation de la limite de l’espace de sécurité (en temps normal, l’espace de sécurité se définit dans un rayon d’un mètre autour de chaque individu) et il est fréquent de relever une hypersensibilité aux bruits qui deviennent insupportables.

Peu à peu, la personne épuisée devient anormalement froide et indifférente, elle s’isole émotionnellement et fait preuve d’un cynisme inhabituel. A un moment, les signes physiques peuvent disparaitre spontanément, mais sans que cela ne soit pour autant le signe d’une amélioration durable de l’état de santé.

Dans le cas où les conditions de travail continuent à être insatisfaisantes, d’autres signes caractéristiques apparaissent progressivement, la frustration, le sentiment d’échec et le détachement excessif vis-à-vis des événements et de l’entourage. Des troubles du comportement alimentaire peuvent apparaître, voire des toxicomanies (alcool, drogues, médicaments). L’épuisement, lorsqu’il persiste, peut également déclencher une dépression avérée qui vient aggraver le burn out.

Les personnes souffrant d’épuisement professionnel pendant de longues périodes semblent prédisposées à d’autres problèmes de santé, tels que maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, surpoids ou obésité.

les signes du burn-out

La question : Suis-je prêt(e) à y retourner ?

Pour le savoir le Professeur Philippe CORTIN propose d’évaluer les domaines suivants seul et/ou avec des professionnels de l’accompagnement (Psychologue du travail par exemple) :

La fatigabilité :

Suis-je capable d’avoir une activité continue d’au moins 4h par jour sans avoir besoin de récupérer de manière excessive ?

Les troubles de la concentration et de la mémoire immédiate:

  • Suis-je capable de lire un roman ?
  • Suis-je capable de lire un article quelconque et d’en faire un résumé le lendemain ?
  • Suis-je capable de suivre une conversation quand on est 5 ou 6 personnes ?
  • Suis-je capable d’avoir une attention soutenue d’une heure d’affilé sans maux de tête ou autres signes de fatigue excessive ?

La bulle de sécurité :

Suis-je capable de faire les courses dans un super marché en horaire normale ?

Le plaisir :

Suis-je capable d’éprouver du plaisir à nouveau à sortir de chez moi ?

L’irritabilité :

Le soir, suis-je encore buvable ?  Qu’en disent mes proches ? Comment je supporte les contrariétés ? Le bruit ?

Le sommeil :

Suis-je en mesure de me rendormir si je me réveille à 4h du matin ?  En appliquant des techniques d’autohypnose ou de relaxation.

burn-out2

L’autre question : quels acquis ou compétences dois-je avoir rétabli ?

Selon le professeur Philippe COURTIN un certain nombre de compétences doivent pouvoir être mobilisées pour prévenir toute rechute et pour durer dans le temps :

Avoir appris la bienveillance :

  • Apprendre que l’on ne doit pas toujours avoir 20/20 on peut aussi réussir avec 10/20 !
  • Savoir demander aux autres et déléguer
  • Savoir se féliciter et féliciter les autres
  • Savoir écouter ce que dit mon corps
  • Reconnaître que mes envies existent et être convaincu que ce ne sont pas des caprices, « mon envie a le droit de parole, elle a droit d’être écoutée et accueillie »

Savoir ‘’se hâter lentement’’ :

  • Cesser d’être dans l’urgence en permanence, s’organiser différemment, se fixer des objectifs réalistes et réalisables.
  • Savoir mettre et tenir des pauses dans la journée pour nous ressourcer ! Faire une pause ce n’est pas perdre son temps !

Gérer la fatigabilité ou apprendre à l’identifier :

  • Avoir repéré ce qui nous fait consommer beaucoup, trop, d’énergie
  • Avoir repéré ce qui nous donne de l’énergie (comment refaire le plein ?)
  • Savoir dépenser mon énergie dans la longueur (faire des pauses et écouter nos besoins)

Mettre des limites et être plus assertif(ve), travailler ses croyances et valeurs pour :

  • Savoir dire ‘’non’’ (ni hérisson ni paillasson)
  • Apprendre à exprimer ses envies et ses besoins

Savoir se relaxer :

  • Avoir appris des techniques de relaxation, de respiration abdominale, de pleine conscience
  • Savoir utiliser ces techniques en cas d’insomnie
  • Savoir faire l’otarie sans se culpabiliser
  • Pratiquer une activité physique (ça détend les tensions musculaires)

Tout cela sans se culpabiliser car ce qui est important, c’est qu’il y ait un temps pour le travail et un temps pour soi !

Pour davantage d’information, de conseils ou une consultation avec un psychologue du travail, nous contacter.

Les acquis ou compétences à développer:

Burn out

Auteurs : Virginie PAYET (Psychologue du travail) et Olivier PAYET (Coach/consultant en bilan)

Tags : burn out, santé, reconversion, dépression, stress, compétences, salarié, épuisement, souffrance au travail

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