REVA ! … ne me fait pas rêver !

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Icon durée de l'accompagnement en vaeIcon durée de l'accompagnement en vaeTemps de lecture : 03 min. 

Résumé : Cet article est une analyse de certains aspects du projet de réforme de la VAE proposé par le gouvernement. Projet dont l’un des enjeux majeurs serait de dynamiser une modalité de certification en mal de reconnaissance.

REVA en l’état ne me fait pas rêver !

REVA est la nouvelle mouture de la Validation des acquis de l’expérience (VAE) et nous sommes dans la phase 2 de l’expérimentation.

Dans cette perspective, l’accompagnement du candidat serait grandement « repensé », « rénové ! »

Reva Désormais, le mot d’ordre serait « accessibilité et gain de temps » notamment, en renforçant l’accompagnement par un professionnel – « L’architecte », dès le démarrage du parcours, afin d’aider à la rédaction du dossier, de repérer les manques à compléter par des courtes formations.

La démarche serait donc pilotée par l’« architecte de parcours », sur une durée plus longue (130 ou 48 heures contre une moyenne de 24 heures aujourd’hui.)

Son intervention se déploierait de l’étape de la faisabilité, à la préparation de l’examen, en passant par la construction éventuelle de parcours de formation modulaire et un entretien post-examen.

Ici, la démarche (accompagnement inclus) bénéficierait d’un financement unique et une plateforme, (en cours de construction) ferait office de portail unique de la VAE.

Le profil des futurs « architectes de parcours » ? Pour les certificateurs, l’expertise des référentiels des certifications visées est un élément essentiel dans la réussite d’un parcours VAE et les désignerait naturellement pour le mettre en œuvre.

Si nous suivons leurs raisonnements, alors les certificateurs seraient prescripteurs de parcours et opérateurs via leurs organismes habilités ? Que deviendrait le droit pour les candidats de choisir leurs accompagnatrices/eurs ? Que deviendraient les accompagnateurs/rices ou encore les consultants en VAE ?

Nous savons qu’autour de l’accompagnement en VAE qu’il existe déjà une forme de concurrence déloyale entre les organismes privés (les petites structures en particulier) et ceux affiliés aux organismes certificateurs (DAVA.)

Si les « architectes de parcours » sont désignés parmi la bande de copains des certificateurs, alors, c’est banco pour ce petit monde ! En effet, le gouvernement vise le chiffre de 100 000 parcours VAE par an.

L’argument selon lequel l’expertise des référentiels de certifications visées, serait du côté des certificateurs, à mon sens ne tient pas la route !

Dans le cadre d’un parcours en VAE, l’expertise est à rechercher du côté

  1. des candidats en VAE,
  2. des certificateurs (via notamment les membres des jurys) et
  3. des consultants et accompagnatrice/eurs en VAE.

Je m’explique sur le 3ᵉ point notamment.

Qu’est-ce que le cœur d’un parcours en VAE ?

  • Choisir des situations de travail
  • Évoquer les manières dont les personnes, les opérateurs ont de s’engager dans l’action.
  • Analyser les résultats, soit, identifier les écarts par rapport aux intentions initiales de l’opérateur.
  • Analyser le rôle des ressources (interne/externe) mobilisées ainsi évaluer leurs atouts et limites.
  • Analyser l’agencement des ressources effectué par l’opérateur.
  • S’arrêter sur les empêchements, les étonnements, les difficultés, les logiques d’action en présence
  • Utiliser ce vécu et l’analyse que le candidat en fait pour faire qu’émerge des thèmes d’un enjeu du champ professionnel
  • Confronter rigoureusement sa théorie avec des approches scientifiques au sujet des thématiques, problématiques émergentes (certifications de niveau 6 et plus)

…. Ces activités-là, les candidats ont souvent du mal à le faire seul.

L’engagement dans l’analyse de l’activité, le développement professionnel, la mise en valeur des compétences exigent une forme d’expertise que possèdent déjà les accompagnateurs, consultants en VAE. Des organismes privés dont la qualité de l’offre n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

La démarche d’accompagnement est comme occultée par ce projet de loi alors même qu’il est un des leviers de réussite. Si l’abandon des candidats est un problème et que la cause est à rechercher du côté de la lourdeur de l’organisation (manque de flexibilité), le maintien dans la démarche lui est notamment à rechercher du côté de la relation accompagnant-accompagné.

REVA VAE

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